« L’aide internationale est plus politique…, le marché des capitaux est indépendant » – Kagame

« L’aide internationale est plus politique…, le marché des capitaux est indépendant » - Kagame

D-G, Le Président Kagame et Jingdong Hua, Vice-président de International Finance Corporation

Lors de la réunion qui s’est tenue à Kigali du 12 au 13/02/2015, ayant comme objectif d’analyser « l’évolution des marchés des capitaux en Afrique de l’Est », le Rwanda se veut comme pays qui mise plus sur le marché des capitaux que sur l’aide internationale. Différentes hautes autorités du Rwanda, des investisseurs ainsi que des experts nationaux et internationaux ont participé à cette réunion.

Lors de l’ouverture officielle de cette réunion, et comme il s’agissait de déterminer si le marché des capitaux est le mieux approprié pour résoudre les problèmes de pauvreté par rapport à l’aide internationale, les leaders rwandais dont le Président Paul Kagame ont montré à ces participants  dignitaires internationaux en visite au Rwanda, le programme national visant un développement, qui est plus axé sur les revenus du marché des capitaux que sur l’aide internationale que le pays reçoit.

Même si la plupart des intervenants ont réitéré la complémentarité du marché des capitaux et de l’aide internationale en préconisant que les deux continuent d’être pris en considération, le Président Kagame a plutôt exprimé une autre opinion différente des autres : « Ceci est un problème qu’on n’évalue seulement qu’en Afrique. Il n’est jamais question nulle part ailleurs de débattre ni de comparer l’aide et ce qui touche le marché boursier ».

« Tout d’abord ; il faut savoir que l’aide internationale, c’est plus de la politique qu’autre chose, tandis que le marché des capitaux est indépendant. Si l’on observe partout dans le monde, on se rend compte que l’aide peut servir à nuire à ceux la reçoivent. Si je dis ça, c’est pour que les conférenciers considèrent la possibilité de réorienter le débat. » a ajouté Kagame.

Kagame a suggéré qu’il serait plus clairvoyant de ne pas seulement se focaliser sur l’aspect financier pour développer le marché des capitaux mais plutôt les contribuables des pays donateurs qui eux-mêmes doivent être développés, utiliser la technologie et élaborer des politiques qui rassurent les peuples et qui luttent contre la corruption et les mauvaises mœurs.

Selon l’Amb. Claver Gatete, Ministre des Finances et de la Planification, la raison principale pour laquelle il faut miser sur les marchés boursiers est que heureusement l’économie des pays africains est en plein essor, à hauteur de 5%-6%. En même temps, les pays donateurs diminuent de plus en plus l’aide accordée et que le taux de nouveaux investissements baisse dans les pays en voie de développement.

Les institutions boursières de la Communauté d’Afrique de l’Est prévoient d’œuvrer ensemble pour bâtir les infrastructures économiques nécessaires et conscientiser les investisseurs d’acheter des parts des marchés et des bons de trésor afin d’obtenir des capitaux à investir dans des projets générateurs de revenus.

Selon l’Amb. Gatete, si l’on compare l’aide financière internationale aux marchés des capitaux, elle a plus de conséquences néfastes que tout autre moyen dont un pays peut être subventionné. C’est dans ce cadre que Gatete a annoncé l’intention du Gouvernement rwandais de continuer à vendre sur le marché des capitaux ses bonds de trésor ainsi que certains des projets publics.

« Il y a bien trop longtemps que les africains dépendent de l’aide internationale. Je trouve qu’il est grand temps que l’on change de stratégie », a insisté le Gouverneur de la Banque Nationale de la Tanzanie, Benno Ndulu. Ce dernier a rappelé tout le potentiel que renferment les pays africains surtout ceux d’Afrique de l’Est pour en tirer profit au lieu de toujours attendre l’aide internationale.

« En 2008, seulement 21% des Rwandais épargnaient dans les banques et autres microfinances. Mais aujourd’hui, l’Etat se félicite de l’augmentation de ce taux qui de 42%. En y ajoutant ceux qui épargnent officieusement, le total s’élève à 72% », s’est félicité Gatete.

Pourtant, les experts en économie préviennent que cela en soi n’est pas suffisant pour obtenir des capitaux à octroyer aux particuliers pour qu’ils investissent dans le développement du pays. Ces experts disent que la meilleure façon est l’achat des actions de marchés et des bons de trésor tels qu’exposés comme nouvelles stratégies.

Cette conférence internationale a été organisée par l’Etat rwandais en partenariat avec International Finance Corporation (IFC). Cette dernière est une structure de la Banque Mondiale et regroupe plus de 450 participants dont des dirigeants des banques diverses, des sociétés de communication, des institutions de vente des actions de marchés au Rwanda,  les autorités dans le secteur économique de différents pays du monde, ainsi que des chercheurs.

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